Une foi… pleine de mauvaise foi

Mise en ligne le 20 octobre 2017

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La mauvaise foi, ce n’est pas une foi qui serait moins bonne que celle des autres, ce n’est pas une foi qui pourrait faire du mal, ce n’est pas une foi qui détourne le croyant…

non, rien de tout cela ! La mauvaise foi – ou foi mauvaise – c’est seulement une foi perverse qui se sert de la foi pour régler tous ses comptes avec les autres formes de foi ! Comme par exemple la mauvaise foi de certains de mes détracteurs, qui sont devenus des croyants pas très crédibles seulement pour régler leurs comptes avec notre foi, qui sont devenus de farouches catholiques pour dénoncer la légèreté de notre soi-disant petite chrétienté. Ainsi sont les adeptes de la mauvaise foi : ils se veulent mieux que les autres seulement pour les dénoncer moins bien qu’eux ; ils se veulent bien mieux que les autres seulement pour se persuader de notre médiocrité. Elle est ainsi, la foi pleine de mauvaise foi : c’est seulement une foi de règlement de comptes pour dire du mal des autres, c’est seulement une foi pleine de venin qui se cache sous une miséricorde de façade, c’est seulement de l’expérience spirituelle ratée qui essaye de se rattraper dans l’épisode suivant avec une sorte de pauvre foi de compensation… Rien à voir avec la vraie foi, celle qui essaye d’être meilleure en rencontrant le Christ au quotidien, celle qui accepte toutes les formes de foi. Celle qui fait vœu de tolérance, un point c’est tout !

Alors le principe de cette foi-là devient clair : juger celle des autres… rabaisser celle des autres… croire détenir la vérité en matière de foi-étalon !

Et c’est ainsi que même un petit catholique ordinaire peut devenir le pire des extrémistes, intolérant au possible, juste pour soigner ses propres blessures spirituelles du passé. Et n’allez pas croire que le fanatisme est si loin en chacun de nous ! N’allez pas croire que les aveugles poseurs de bombes sont des fous si éloignés de nos normalités bien peignées ! L’homme de mauvaise foi qui croit pour tuer, l’homme qui croit seulement pour faire du mal aux autres, est à portée de main de chaque croyant que nous sommes. La moindre intolérance envers une foi qui nous déplaît nous rapproche du terroriste intérieur. Le fanatique, l’extrémiste, l’intolérant et l’homme de mauvaise foi ne font qu’un. Et sous couvert d’une foi retrouvée, authentique et sacrée, ils se donnent le droit de traiter de mécréants tous les autres croyants. Soudain la radicalité devient, pour tous ces esprits fragiles, une modernité de la foi devenue trop aveugle.

Elle est ainsi, la mauvaise foi : elle n’est pas mauvaise en elle-même, elle est mauvaise d’exister seulement par ses règlements de comptes.

Enlevez les règlements de comptes, et soudain elle s’éteint par manque de carburant, par manque de motivation. La mauvaise foi sans règlement de comptes, cela devient une toute petite foi qui n’y croit plus vraiment. Car la mauvaise foi est attisée par sa haine, sa violence, sa vengeance permanente, et personne ne peut conserver cette mauvaise foi sans tout ce fiel, toute cette violence nécessaire pour croire à sa manière. Elle est ainsi, la mauvaise foi : elle a besoin du sang qui coule, pas celui du Christ, mais celui des autres avec qui on a tant de comptes à régler. Beaucoup de détracteurs sont devenus catholiques de cette façon, seulement par esprit de vengeance d’un épisode précédent, seulement par une sorte de fanatique pureté qui leur donne le droit de dénoncer de soi-disant grandes faiblesses. Voilà de la foi fanatique bien entretenue par la haine, et qui sous couvert d’une foi de rattrapage soigne ses propres blessures intimes, rien d’autre !

Et personne n’est vraiment à l’abri de ce genre de revirement. Personne, pas même moi,

ne peut être sûr que lors du prochain épisode de sa vie spirituelle, plus ou moins bien réussi, il ne va pas verser dans un extrémisme de compensation, juste pour éviter la leçon qu’il pourrait tirer ! Personne ne doit considérer l’extrémisme et le fanatisme à la légère, car chacun de nous n’en est jamais très loin. Tout dépend finalement de la façon dont nous sommes en train de traverser l’épreuve en cours. Tout dépend du bon ou du mauvais résultat de cette épreuve. Tout dépend à chaque épisode de notre grandissement intérieur de la plus ou moins bonne digestion de la foi en cours. Car apprendre à s’aimer si petit en la circonstance, c’est le début de notre Grandeur, qui elle-même nous envoie vers le début d’aimer l’ange et de servir ensemble dans une Tâche, qui elle-même nous envoie encore vers savoir aimer le Christ et ensuite aimer Dieu lui-même, au seuil de la mort. Tout cela ne sont que des paliers de la foi, des étapes à franchir remarquablement organisées. Mais chaque étape nécessite de réussir pour pouvoir passer à la suivante, chaque étape nécessite de l’amour conquis pour passer à l’amour suivant. Et en cas d’échec, c’est alors de l’amertume qui surgit, de la violence qui vient prendre la place de la tolérance. Et soudain l’homme de foi devient l’homme de mauvaise foi, sans même qu’il en prenne conscience. Mais comme il doit régler ses comptes, sa foi est devenue mauvaise, empoisonnée, et il faudra beaucoup de temps à ce pauvre humain pour retrouver une foi en paix, une foi pour seulement aimer.

La foi pleine de mauvaise foi est ainsi : elle existe seulement par sa haine, seulement par son règlement de comptes.

La foi pleine de mauvaise foi est ainsi : c’est une foi de possédés par le besoin de faire du mal en dénonçant la foi des autres. Car il n’y a que la mauvaise foi qui dénonce la foi des autres. Tant il faut être dans cette mauvaise foi pour voir de la mauvaise foi partout… et pour se parer de la vanité de la vraie Foi ! Elle est ainsi, la foi pleine de mauvaise foi, et terriblement possible au moindre échec, et toujours capable de se réveiller en chacun de nous…

Aussi soyons plus modérés à propos de tous les fanatiques et tous les extrémistes. Car enfin, il va bien falloir s’interroger tout au fond de soi : « Où en suis-je de ma tolérance envers toutes les autres formes de foi ? Ne suis-je pas à un début de fanatisme, si une seule forme de foi m’insupporte ? Suis-je bien capable de donner à chacun le droit à sa propre foi ? N’y-a-t-il pas une foi que je ne supporte pas ?

L’extrémisme commence au moment où l’on croit que sa foi est bien meilleure que toutes celles des autres ! Et ça, il faut l’entendre…

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retrouver une foi en paix, une foi pour aimer vraiment, voici ce à quoi Bernard et ses élèves nous entraînent dans l’expérience humble et sincère :où suis-je là 100%responsable de ces blessures et conflits? où me suis-je égarée?

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J’aime beaucoup votre site

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Puisse nos différentes formes entrer en Résistances de Paix ….

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Comme elle est fragile et fine la frontière entre la tolérance et l’extrémisme. Personne n’est à l’abri de croyances qu’il voudrait défendre à tout prix, qu’il voudrait faire passer à tout prix. Que ce soit dans la foi en plus grand que l’homme, que ce soit dans les croyances alimentaires, éducatives, musicales… A chaque sujet nous pouvons mesurer notre degré de tolérance et de tendance extrémiste.
C’est un exercice délicat, sans fard qui peut tellement effrayer.
Alors que donner la faute à l’autre est si aisé, si confortable.
Merci pour cette proposition de s’arrêter un instant sur nos extrémismes potentiels.