Les États Unis de la foi avec les États Unis d’Europe

Mise en ligne le 27 février 2017

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Il y a toujours eu, dès les débuts sur terre de l’espèce humaine, une correspondance entre l’organisation politique et l’organisation religieuse dans toutes les périodes de l’Histoire. L’homme a d’abord eu une foi animiste qui allait de pair avec une organisation politique tribale à la conquête du monde extérieur. Ainsi, dès les débuts de l’humanité, est apparue une façon de croire adaptée et proportionnelle à une maturité politique d’un « vivre ensemble ».

Un peu plus tard, notre règne va commencer à se sédentariser et à construire un ego lui permettant, à travers la possession des choses – à travers le « à moi » construisant le moi – de s’accomplir dans une nouvelle maturité. Alors les tribus vont s’organiser politiquement en régions (des ensembles de tribus), et de nouvelles solutions économiques vont fonder des pouvoirs nouveaux et une hiérarchisation sociale nouvelle. Bien sûr, la foi animiste va elle aussi évoluer vers des polythéismes qui seront une nouvelle dimension de foi humaine. À une compréhension du monde par régions et par provinces va s’associer désormais une foi en de multiples dieux. L’administration terrestre va faire naître une nouvelle administration religieuse.

Et puis, au fil de l’Histoire, les régions et provinces vont s’associer pour devenir des nations, des pays regroupant toutes ces régions autrefois rivales. Le concept de pays, de nationalité, va devenir une nouvelle façon économique et politique de gérer la vie en communauté. Les royautés vont alors créer de nouvelles modalités politiques sur toute la terre. Le royalisme va devenir un mode politique produisant à son tour une évolution de la maturité de la foi humaine : le monothéisme. Et trois prophètes vont alors fonder trois formes de foi monothéistes (la foi spirituelle de Bouddha, la foi religieuse de Jésus et la foi apostolique et sociale de Mahomet). Une nouvelle administration du « vivre ensemble » va produire une nouvelle administration du « croire ensemble », l’une et l’autre adaptées à cette maturité humaine du moment.

Mais voilà que pour des raisons d’évolution, certains pays semblent parfois se regrouper à leur tour pour fonder une nouvelle organisation politique appelée États Unis. Ainsi, après les États Unis d’Amérique, pourquoi ne pas voir apparaître les États Unis d’Europe, d’Asie, de l’Europe de l’Est, de l’Afrique et de l’Amérique latine ? Pourquoi, un jour prochain, ne verrait-on pas un monde entier recouvert d’Etats Unis en tout genre ? Alors on peut imaginer que la foi devra elle aussi changer de dimension pour correspondre à cette nouvelle maturité politique. Se peut-il alors que des États Unis de la foi deviennent possibles, avec non plus trois monothéismes qui se font des guerres incessantes et moyenâgeuses, mais un monothéisme mondial fait de la complémentarité des trois formes de foi monothéistes ? Se peut-il qu’un monothéisme mondial réunisse les trois formes de foi comme trois performances complémentaires du nouvel Homme ?

Car enfin, et chacun le sait, le meilleur de l’humain inventé par les trois prophètes est aujourd’hui une expérience instable et éphémère. Quand il arrive que nous parvenions à être meilleurs, par l’une ou l’autre foi, c’est une évidence qu’aucun d’entre nous ne parvient à demeurer bien longtemps dans ce meilleur de l’humain. Mais il fallait quand même un premier prophète pour inventer le meilleur de l’homme. Et il fallait qu’il invente la première foi, la foi spirituelle, qui consiste à d’abord commencer par croire en SOI, en soi meilleur que le petit moi. Et si Bouddha est l’inventeur du meilleur de l’homme – nouvelle performance humaine – il est l’inventeur d’un homme augmenté très temporairement, il est l’inventeur d’une nouvelle performance fugace.

Il faudra Jésus, le prophète de la foi religieuse, pour que cette nouvelle performance humaine si incontrôlable devienne contrôlable. Alors ce second prophète est venu fonder une deuxième dimension de la foi, seulement pour nous apprendre à demeurer un peu dans le meilleur de soi, voire même pouvoir y retourner à notre guise. Cette seconde foi n’est pas une autre foi, mais seulement une foi complémentaire de la première. Cette seconde foi résout le problème de l’instabilité du meilleur de l’humain en nous permettant d’y retourner à notre guise, mais sans jamais pouvoir y demeurer. L’homme augmenté issu du second prophète, c’est seulement un homme augmenté de la possibilité de retourner dans le meilleur de lui-même.

Alors ce fut le tour du troisième prophète. Car les humains se désespéraient de ne pas pouvoir résider dans cette terre promise intérieure qu’est le meilleur de l’homme. Et Mahomet fut le fondateur d’une troisième dimension de la foi, la foi apostolique, la foi sociale qui offre à l’humain de donner sa vie aux autres pour résider définitivement dans le meilleur de lui-même. Car si la forme la plus élevée de l’existence humaine était de donner sa vie, toute sa vie, à la misère d’autrui pour être obligé de demeurer dans le meilleur de soi ? Alors, avec Mahomet apparaît une troisième augmentation de l’homme : l’homme capable de demeurer dans le meilleur de l’Homme.

Et si les États Unis de la foi n’étaient rien d’autre que l’addition des trois formes de foi des trois prophètes ? Et si une foi réunissant tous les États de foi des trois religions inventait la complémentarité de toutes ces formes de foi ? Et si une foi monothéiste mondiale nous permettait de nous servir des trois prophètes pour accéder au meilleur de l’homme et peu à peu apprendre à le retrouver jusqu’à y résider un jour définitivement ? Alors des États Unis de la foi apparaîtraient, adaptés aux États Unis politiques qui un jour prochain régneront sur toute la terre.

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