La résurrection Voir Pardonner Agir (RVPA)

Mise en ligne le 13 avril 2017

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Tout humain en face de la douleur a deux possibilités : soit subir cette souffrance avec sa nature inférieure, soit dépasser cette souffrance avec sa nature supérieure.

C’est précisément ce que sont venus nous enseigner les trois prophètes Bouddha, Jésus et Mahomet :

Désormais il existe une nature supérieure de l’humain capable de dépasser toutes les douleurs possibles, toutes les douleurs ordinaires de nos existences ; désormais nous sommes tous capables de nous re-susciter en passant du pire en nous au meilleur de nous.

Dans notre enseignement, cette résurrection ordinaire se fait en 15 étapes, conduisant une métamorphose intérieure nous faisant passer d’un niveau de conscience de Veille (dans le « moi ») à un niveau de conscience d’Eveil (dans le « JE »), nous faisant passer de notre nature humaine inférieure à notre nature humaine supérieure, tant il est toujours possible d’être meilleur. Encore faut-il le décider, car le meilleur de l’humain est toujours conscient !

Voir

Tout commence avec une douleur extérieure – petite, moyenne ou grande – que nous amène soudain la vie ordinaire. « Oh, zut ! Mais où ai-je mis mes clefs de voiture ? Il faut à tout prix que je les retrouve, j’ai rendez-vous avec mon patron ! »

Etape 1 – La douleur extérieure : « J’ai perdu mes clefs ! »

Je n’ai rien de plus à faire que de savoir m’arrêter sur cette douleur qui soudain m’interpelle. Rien de plus à faire que d’accepter ce temps d’interpellation comme un temps d’arrêt sacré pour prendre en main la situation au lieu de subir une douleur croissante à cause de ces clefs perdues.

Etape 2 – La douleur intérieure : « Je vais passer pour un con si je ne retrouve pas ces clefs ! »

C’est toujours la seconde douleur, celle produite par nos commentaires traumatiques sur la situation. C’est plus fort que nous : quelque chose interprète immédiatement la situation selon notre propre histoire, et chacun trouve à cette perte de clefs une souffrance qui lui est spécifique, une façon de se sentir en danger par rapport à autrui. « Oh, bon sang, que va penser ma femme si j’ai perdu mes clefs, que va penser mon patron si je ne peux pas aller à ce rendez-vous ! » Ce ne sont plus les clefs qui comptent, mais ce que l’on va penser de moi dans cette situation.

Etape 3 – A quel traumatisme de mon passé correspond ma souffrance ?

Forcément, cette façon de souffrir la situation correspond à l’un des trois traumatismes de mon passé (traumatisme de la petite enfance, de l’enfance ou de l’adolescence). Forcément, cette façon de souffrir la perte de mes clefs est l’une des trois façons de souffrir tout ce que je vis, fidèle à mon histoire. Seule la connaissance de soi permet de connaître ces trois façons traumatiques de tout souffrir. Et à ce moment-là de ma résurrection intérieure, je suis capable de voir combien cette façon d’être idiot correspond à mon traumatisme de l’enfance, quand ma bêtise scolaire obligeait ma maman à s’occuper de moi. Alors je peux me répondre : « Cette façon de souffrir la perte de mes clefs est bien fidèle à ma façon d’être bébête apprise dans l’enfance pour que l’on s’occupe de moi. »

Etape 4 – A quel temps du cycle traumatique de l’enfance appartient ce moment de ma vie ?

Mes trois traumatismes, mes trois plaies du passé, qui ont peu à peu construit mapersonnalité humaine naturellement imparfaite, fonctionnent tous dans des cycles à 4 temps. Et chaque instant que je vis au présent appartient forcément à un temps de l’un de ces trois traumatismes. C’est ainsi : à chaque instant je dois pouvoir convenir d’un « c’est bien moi ! » qui me fait conserver la raison. Connaître le temps du cycle traumatique que je vis au moment où j’ai perdu mes clefs me permet de comprendre tous mes commentaires sur cette situation.

Etape 5 – Convenir de ma responsabilité totale : « Je suis 100% responsable de ce qui m’arrive ! »

Voir à quel point le présent est conforme au passé, voir à quel point la perte de mes clefs m’entraîne dans un besoin de passer pour un con aux yeux de ma femme ou de mon patron m’indique combien je suis totalement responsable de souffrir de cette manière la perte de mes clefs. Et c’est bien parce que je conviens de cette totale responsabilité que je suis désormais incapable d’accuser autrui. Car la nature inférieure de l’humain est ainsi : quand les choses vont mal, nous cherchons toujours un responsable au-dehors. Ainsi donc, convenir de notre 100% responsable, c’est s’interdire toute accusation envers autrui… du genre « c’est encore ma femme qui a dû garder les clefs de la voiture dans son sac ! »

Avec cette cinquième étape s’achève le Voir. Et nous allons pouvoir commencer le Pardon, lui aussi en cinq étapes.

Pardonner

Etape 6 – Affirmer devant LUI notre petitesse : « Je suis cette petitesse, cette infirmité. »

C’est tout le mystère du début de l’Eucharistie : « Ceci est mon corps. » En effet, quel corps de misère suis-je donc avec cette perte de mes clefs ? Et on doit pouvoir le dire à Dieu, convenir sans fard de notre propre misère : « Je suis ce besoin de perdre mes clefs pour être bête aux yeux de ma femme (ou de mon patron). Parce qu’elle (ou lui) s’occupera mieux de moi si je suis vraiment bête ! » Oui, ceci est mon corps, ceci est tout mon être en Vérité à cet instant. Car c’est seulement en Vérité que l’on peut se présenter devant LUI.

Etape 7 – Quel souvenir du passé cela me rappelle-t-il ?

Si c’est avec sincérité que l’on a pu convenir de notre petitesse, alors tout naturellement cela attire dans notre esprit un souvenir du passé : nous avons déjà été cette même petitesse dans notre enfance. Ici, il me revient ce jour où la maîtresse a montré ma dictée pleine de fautes à toute la classe qui s’est mise à rire. Comme j’étais malheureux d’être le cancre de la classe ! Mais c’était le seul moyen d’intéresser la maîtresse ! Et voilà que le présent se confond avec mon passé, que ma douleur d’aujourd’hui se confond avec ma douleur d’hier.

Etape 8 – Consoler le petit garçon du passé : trouver les mots pour qu’il souffre moins.

Arrivés là, il nous faut apprendre la Miséricorde au moins envers le petit garçon de notre histoire. Il nous faut apprendre à parler en Vérité à ce petit garçon. Il nous faut trouver les mots de réconfort autant pour la victime que nous étions que pour les soi-disant bourreaux du moment. Peut-être bien que c’est à cet endroit qu’il nous est demandé « Laissez venir à vous les petits enfants »… les petits enfants de notre histoire, seulement pour apprendre la Miséricorde ! Oui, « ceci est la coupe de mon sang, la nouvelle alliance avec les humains », le bon sang de la Miséricorde qui se déverse dans la seconde partie de l’Eucharistie.

Etape 9 – Redire à l’adulte les mêmes mots de Miséricorde pour le présent.

Car c’est par la Miséricorde portée au petit garçon de notre enfance que nous allons apprendre à être miséricordieux envers l’adulte que nous sommes au présent. Redire à l’adulte les mêmes mots de réconfort, c’est apprendre à être bouleversé par sa propre misère, bouleversé par soi-même ! Et tant que l’on ne sait pas être bouleversé par sa propre misère, peut-on être bouleversé vraiment par la misère des autres ?

Etape 10 – Savoir se revêtir du sourire de compassion (le centre du meilleur de l’homme).

Celui qui sait être bouleversé par l’adulte qui a perdu ses clefs seulement pour être un peu pris en considération saura immédiatement en sourire de compassion. Et c’est le sourire vainqueur de la douleur : s’être revêtu des habits de noces du meilleur de l’humain ! Soudain le grand drame des clefs perdues est devenu un petit chagrin de cour de récréation ! Soudain le sourire de compassion nous fait résider dans le meilleur de l’homme : l’Homme !

Avec cette dixième étape s’achèvent les cinq étapes du Pardon. Alors peuvent commencer les cinq dernières étapes de l’Agir.

Agir

Etape 11 – Savoir affirmer sa Grandeur, sa Grâce, en résidant dans ce sourire.

C’est seulement en habitant ce sourire de compassion qui achève toute Miséricorde que l’on peut s’interroger : « Mais qui suis-je, quand je suis dans cet état ? » Car celui qui a vaincu l’une de ses misères, l’une de ses disgrâces, est forcément entré dans une Grâce. Tout comme la vierge est pleine de Grâce, l’homme du sourire est plein d’une Grâce qui le rendra capable d’une action de Grâce. C’est-à-dire d’une Action produite par sa Grâce plutôt que par sa misère traumatique habituelle. Convenir de sa Grâce dans l’instant, c’est prendre possession d’un autre soi-même.

Etape 12 – Je cherche toutes les solutions justes possibles.

Seulement depuis cette Grandeur reconnue, cette Grâce acceptée, je suis capable dans un rapide tour d’horizon d’envisager toutes les solutions paisibles possibles, les solutions nouvelles où, même si j’ai perdu mes clefs, je ne passerai pas pour un idiot auprès de mon épouse ou de mon patron. J’entre alors dans « le grand magasin des Miractes » (des petits actes-miracles dans l’ordinaire), des actions de Grâce seulement offertes aux humains qui savent vivre dans le meilleur d’eux-mêmes.

Etape 13 – Je choisis la meilleure solution d’action de Grâce.

Parmi toutes les solutions possibles envisageables, je choisis la solution qui me paraît la plus juste.
Car le meilleur de l’homme est ainsi : il cherche à être juste, seulement juste, pour semer la paix autour de lui. Encore faut-il choisir son Miracte pour que le miracle ait lieu !

Etape 14 – Je fais le Miracle, pour que ma résurrection intérieure s’incarne jusque dans la matière.

Alors je peux faire cette action de Grâce, cet Acte libre de mon passé qui va incarner ma résurrection ordinaire dans le présent, cet acte de paix totalement libre provenant du meilleur de moi-même. Et je dois voir alors rayonner cet acte juste sur tous ceux qui m’entourent, voir combien la perte de mes clefs peut entraîner un moment d’amour et de partage, au lieu d’un besoin d’être idiot pour être remarqué.

Etape 15 – Ne pas oublier de remercier Dieu, le Christ, ou l’ange, si la paix règne tout autour.

Car perdre les clefs de ma voiture aurait pu entrainer un tel désastre, une telle catastrophe avec mon épouse tout autant qu’avec mon patron ! Il ne faut donc jamais oublier de remercier Dieu d’avoir évité la guerre en préservant la paix.

Ainsi s’achèvent la Passion et le Chemin de croix de celui qui vient de perdre ses clefs… et qui ressuscite dans l’ordinaire de sa vie en passant de sa nature inférieure si belliqueuse à sa nature supérieure si aimante.

Résurrection dans l’ordinaire devenue possible parce qu’un certain Jésus a su inventer un passage jusqu’au Christ. Parce qu’un certain Jésus-Christ résume jusque dans son double nom l’incroyable voyage de la résurrection offerte aux hommes…

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