Contre l’intolérance, la double tolérance

Mise en ligne le 26 juin 2017

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Il faut le constater : plus la modernité est élevée et plus les peuples sont diminués dans leur foi.

Comme si les avancées d’un côté (celui du confort extérieur) produisaient autant de reculs de l’autre (celui de la foi et du confort intérieur). Sans aucun doute, ce sont les « ni Dieu ni Maitre » qui sont au pouvoir, tant il sied à la modernité de se prétendre plus libre sans Dieu et sans Maître. Quelle erreur ! Et ne confondons pas les « ni Dieu ni Maître » avec les athées, car cela n’a rien à voir. Les athées sont seulement un niveau zéro de la foi, c’est-à-dire une tentative d’existence sans foi. Et cela est tout à fait respectable, tant il appartient à chacun de croire à sa manière en ce qu’il veut. Tandis que les « ni Dieu ni Maître » sont d’une tout autre nature : eux, ils sont contre toute forme de foi ! Ils prônent une laïcité fermée où tous les signes distinctifs de la foi sont interdits, comme une publicité subtile pour l’athéisme, ou pour l’antireligieux !  Alors qu’une laïcité ouverte, permettant l’affirmation des signes distinctifs de toutes les formes de foi serait, me semble-t-il, la forme la plus juste de la vraie laïcité.

Aujourd’hui il faut être clair : la modernité sans foi ni loi est le résultat des fameux « ni Dieu ni Maître » ! Et la morale fout le camp, et les valeurs foutent le camp,

et on nous ment de partout, et on mange des OGM, et les pouvoirs pharmaceutiques nous manipulent pour leurs énormes profits, et les banques nous exploitent, etc. Tout cela parce qu’il n’y a plus d’éthique au fond de l’humain moderne, plus de sens des valeurs, plus de noblesse d’âme. Seuls les profits comptent, de plus en plus de profits, quoi qu’il en coûte pour la santé des humains ou celle de la terre. Aujourd’hui, ce n’est plus les guerres de religion qu’il faut craindre, tant elles sont devenues déplacées, comme des querelles d’un autre âge. Aujourd’hui, dans cette modernité devenue aveugle, c’est l’humanité sans foi qui est le principal problème de notre évolution, une humanité sans foi qui a déclaré la guerre à tous les croyants !

Car c’est la modernité devenue folle sans foi qui attire en ce moment la foi folle des extrémistes. Comme un balancier, dans un juste retour des choses, la foi folle tue au nom de Dieu des innocents chez les mécréants sans foi. Tuer au nom de Dieu, c’est un cancer de la pensée !

Et arrêtons de faire porter le chapeau à l’islam, ce sont toutes les formes de foi qui sont interpelées par le manque de foi des temps modernes. Ce sont toutes les fois qui sont concernées par le manque de foi et l’intolérance des fanatiques. Ce sont toutes les fois qui produisent les fous de Dieu, en réponse aux fous de la seule science. Dans cette histoire, l’islam est seulement le porte-drapeau d’une foi qui peut devenir folle quand les hommes se mettent à perdre leur foi.

Face à cette intolérance et à ce fanatisme qui n’en sont qu’à leur début, il va bien falloir inventer autre chose que la police et l’armée pour résoudre cet énorme problème.

Car enfin, il n’y aura jamais assez de policiers pour empêcher la déferlante d’attentats, de violence et de barbarie qui se prépare. Il faut aussi penser à opposer au faux le vrai, à opposer à l’injustice la justice, à opposer à l’intolérance une double tolérance. Car en plus de l’état d’urgence policier, il faut proclamer l’état de tolérance maximum pour lutter contre l’intolérance maximum. Il faudrait que les villages, les villes, les pays se lèvent pour laisser parler toutes les formes de foi en opposition à l’intolérance des fanatiques ! Il faudrait que dans les villages, les villes et les pays nous inventions une sorte de marché de la foi, où tout le monde pourrait aller pour voir toutes les formes de foi qui existent autour de chez lui.

Oui, il faut inventer cette sorte de Rallye de la foi, le 1er juin de chaque année, pour fêter toutes les formes de foi, comme il y a la fête du travail le 1er mai.

Ah, mais attention, la tolérance – et même la double tolérance – ce n’est pas une mince affaire ! Il va falloir modifier l’intolérance ordinaire des Français, modifier le racisme spirituel manipulé par les associations antisectes, modifier la sale manie bien de chez nous d’excommunier tout ce qui ne nous plaît pas. Si je vous dis que même ceux qui tirent les cartes de tarot ont une foi respectable ! Une foi certes enfantine, comme on peut croire enfant au père Noël,  mais respectable, car ils cherchent malgré tout à leur façon des réponses à toutes leurs questions, comme le ferait un homme pieux en s’adressant directement au Christ ou à Dieu. Seule une différence de maturité distingue ces deux croyants, aussi respectables l’un que l’autre. Et d’ailleurs, qui peut se permettre de juger la foi des autres ? Quelle foi, se croyant supérieure sans doute, peut se permettre l’excommunication d’une autre façon de croire ? Comprendre la foi d’autrui si différente, c’est apprendre à respecter toutes les différences, en commençant par celle de la foi !

Plus encore, dans cette première tolérance verticale acceptant tous les âges de la foi, acceptant que chaque foi s’exprime dans une maturité plus ou moins évoluée, il faudra peut-être même accepter les sectes, ces voies en quelque sorte d’égarement qui permettent à certains de s’égarer pour mieux se retrouver ensuite. Car les sectes ont peut-être leur utilité. Il faut bien des mauvais médecins, des mauvais plombiers, pour en chercher des  meilleurs ! Pourquoi ne faudrait-il pas des sectes, pour discerner ce qui est faux, et ainsi avoir une chance de retrouver le juste ?  Même les sectes, cette arlésienne moderne des trente dernières années pourchassée par les associations antisectes, sont à accueillir dans une tolérance verticale acceptant toutes les formes de foi. A condition que la loi française soit respectée, qui peut décréter qu’un mouvement spirituel est sectaire sans le connaître en profondeur ? Même vis-à-vis des sectes, qui peut se proclamer juge au-dessus de la foi, pour excommunier ou bien jeter l’anathème sur tel ou tel mouvement ?

La tolérance verticale devra donc s’appliquer à reconnaître toutes les formes de foi,

dans leurs différences certes, mais aussi dans leurs maturités respectives. De la foi 0 de l’athée qui cherche à vivre sans foi, à la foi 100 du saint homme qui ne vit que dans la foi, il y a cent degrés de la foi, tous respectables s’ils respectent les lois et les mœurs en cours.

Il faut opposer au fanatisme la première tolérance : la tolérance verticale. Dont le premier article des droits de l’homme croyant pourrait être : « Parce que tu crois (ou penses) différemment de moi, je ferai tout pour que tu continues de croire (ou de penser) à ta façon. »

Voilà un axe majeur à inventer à l’avenir si nous voulons résister à l’intolérance des fanatiques de tous bords.

Mais il existe aussi une tolérance horizontale, non plus envers des maturités différentes, mais envers des fois différentes pour une même maturité. Ainsi devra-t-on accepter les tireurs de cartes de tarot divinatoire comme une foi tout aussi acceptable que ceux qui passent en Asie par les baguettes du Yi King ! À maturité de foi égale, il nous faudra bien admettre une tolérance horizontale acceptant dans toutes les voies religieuses et spirituelles des expériences voisines de la foi.
Mais plus profondément, il nous faudra aussi accepter les rites catholiques, orthodoxes, protestants, taoïstes, bouddhistes, islamiques comme étant des formes de foi égales, mais dans des Voies différentes, et où chacun cherche à sa façon à rejoindre le meilleur de lui-même.

Dans cette tolérance horizontale, il ne devrait plus y avoir de différence entre toutes les formes religieuses, pas de différence entre tous les croyants des diverses religions et mouvements.

Et alors le croyant musulman devient mon frère, comme le croyant bouddhiste et comme le croyant de la même foi que la mienne. Il faut que la foi, que toutes les formes de foi produisent horizontalement des frères de foi et non pas des rivaux. Voilà la seconde tolérance : la tolérance horizontale de fraternité de tous les croyants.

Bien sûr, pour l’instant mes propos font sourire ou bien grincer des dents ! Mais quand les fous et les fanatiques de tous bords vont commencer à se multiplier partout, quand l’insécurité sera devenue permanente, quand des morts par centaines seront couchés dans nos rues, il faudra bien tôt ou tard s’interroger sur cette double tolérance incontournable pour répondre à toute cette folie. À bon entendeur, salut !

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et ON nous ment de partout, … et ON mange des OGM, et les pouvoirs pharmaceutiques nous manipulent pour faire d’énormes profits, et les banques nous exploitent, etc… Etc

Qui est ce on ? Qui est ce nous dont vous parlez ? S’ils ne sont pas les noms d’un centre de conscience du Vivant, que signifie ces mots pour vous ?

ON c’est souvent personne et tout le monde à la fois. Une sorte d’Autre, lointain et indéfini, une espèce de Vilain sans visage. L’industrie pharmaceutique est comme UNE des espèces d’énormes dinosaures du passé. Elle a une surface de peau énorme pour capter beaucoup beaucoup beaucoup de de cette sorte de « chaleur de rechange » qu’est l’argent. L’histoire se répète.

Pardon d’attacher autant d’importance à ce détail. Amitié et Respect.

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Si juste .***

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Il n’existe qu’une exception à la tolérance, la foi intolérante qui veut détruire la tolérance. Il convient donc , pour ne pas faire de l’angélisme, d’examiner si les fondamentaux ( écrits normatifs notamment) de la foi qu’on tolère ne conduit pas à l’éradication à terme de cette liberté de conscience et d’expression.

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Je partage votre point de vue. Cela est rassurant de savoir que des personnes pensent comme cela.
Je vous remercie.
A. Bocquel (Drôme).