Avoir une Tâche

Mise en ligne le 1 novembre 2016

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Si apprendre à dialoguer avec son ange était le premier pilier de l’enseignement de Gitta Mallasz, sans aucun doute le second pilier est alors la notion de Tâche. Comme si, pour l’homme de foi, d’un côté il s’agissait « d’avoir un ange » et de l’autre « d’avoir une Tâche » ! Comme si ces deux aspects complémentaires de l’enseignement représentaient la meilleure façon de marcher sur terre avec ses deux pieds vers Dieu ! Car « avoir un ange » sans Tâche, c’est ridicule ! Car « avoir une Tâche » sans ange, c’est impossible ! Souvent, d’ailleurs, Gitta me répétait : « Ce n’est pas important d’avoir un ange, ce qui compte, c’est que tu aies une Tâche ! Car alors tu seras obligé d’avoir un ange pour te guider ! De quoi crois-tu que l’ange est LE gardien, sinon de la Tâche de chacun ? »

Il m’a fallu tant de questions pour comprendre la place de l’ange et celle de la Tâche dans ma propre vie ! Comme s’il s’agissait de la même chose mais vue sous des angles différents. En fait, « avoir une Tâche », c’est seulement la manifestation extérieure de l’ange au-dedans de moi. En fait, « avoir un ange », c’est seulement la manifestation intérieure de ma Tâche au-dehors. Avoir une Tâche, c’est bien la seule chose qui rend obligatoires les conseils de l’ange, qui rend possibles les noces avec l’ange ! Alors les dialogues avec l’ange deviennent des dialogues de Tâche, pour que SA volonté soit faite dans la Tâche, et non la nôtre. Véritable apostolat secret, apostolat laïque, de celui qui se donne aux autres et qui les sert, comme seule façon de vraiment donner du sens à son existence.

Tâche, Mission, Légende personnelle sont autant de façons de parler de cette terre promise offerte à l’Homme qui veut vivre le restant de ses jours dans le meilleur de lui-même. Car l’humain n’est-il pas toujours coincé entre un « paradis perdu » (le paradis du ventre maternel où nous avons tous vécu une si vieille communion) et une « terre promise » (la terre de la Tâche, où nous pourrions renaître dans une communion nouvelle avec l’ange) ? Il faudra sans doute repenser la vie active humaine, non pas comme une seule étape entre la fin des études et la retraite, mais divisée en deux étapes distinctes. Avec, bien sûr, d’abord l’étape d’accomplissement du MOI dans l’homme-métier, étape de l’acquisition de la maturité adulte capable de fonder sa propre famille et ses propres réussites. Et ensuite il faudra inventer l’étape de la Tâche, celle de l’Homme-Tâche capable de fonder la maturité de l’âge mûr dans un Service rendu à la vie sur terre. Est-il possible que le métier soit seulement pour la première moitié de la vie active (surtout dans un monde qui ne peut plus donner du travail à tout le monde) et que la Tâche soit réservée à une seconde moitié de la vie active, mais qui reste tout à inventer dans notre modernité ?

Si l’homme-métier apprend à s’occuper des souffrances de sa famille consanguine, alors l’Homme-Tâche devra, lui, apprendre à s’occuper des souffrances de la grande famille humaine. Chacun de nous n’est-il pas destiné à un type de souffrance qui le concerne plus particulièrement ? Chacun de nous, par sa propre petitesse, par ses propres misères, n’est-il pas prédestiné à aider la même petitesse, les mêmes misères, quand sa vie spirituelle lui aura appris à dépasser les siennes ? Qu’est-ce donc que le diplôme intérieur qui conduit à la Tâche, le “baccalauréat de la Tâche”, sinon la faculté d’être venu en aide à ses propres misères, pour être prêt à aider les mêmes misères chez autrui !

De la même manière qu’il a fallu une scolarité nous conduisant à notre métier, il faut comprendre la nécessité d’une scolarité spirituelle conduisant chacun à sa propre Tâche. Car c’est en apprenant, chacun, à dépasser nos propres misères que l’on apprend le mieux à accompagner les misères humaines qui nous attendent dans notre Tâche. La vie spirituelle est ainsi, quel que soit le Chemin emprunté : d’abord il faut découvrir notre petitesse, et nos misères, ensuite il faut apprendre à aimer ces misères pour découvrir le début de notre Grandeur (ce qui en nous aime notre petitesse) et enfin il faut apprendre à vivre dans cette Grandeur en accompagnant la petitesse des autres. Car c’est seulement dans la Tâche que nous serons obligés de vivre dans notre Grandeur ! Car c’est seulement dans la Tâche que nous devrons atteindre la seule Maîtrise qui soit : disposer de notre Grandeur miséricordieuse chaque fois qu’il le  faudra pour aider autrui !

La Maîtrise, ce n’est pas rester toute notre vie dans notre Grandeur immaculée, ce n’est pas y résider, mais seulement pouvoir en disposer à volonté chaque fois que dans la Tâche il nous faut aider les autres. En fait, on est seulement maître du meilleur de SOI, et c’est bien la seule Maîtrise qui soit possible : disposer du meilleur de l’Homme, devenir un Sage-Homme seulement pour aider !

Avoir un ange, pour avoir une Tâche, voilà bien les deux piliers de l’enseignement de Gitta Mallasz. Puisque finalement il s’agit d’instaurer le Maître en soi avec la Tâche accomplie, instaurer le Sage-Homme capable d’accompagner dans sa Mission la souffrance des autres. Alors il faut entendre que cette Tâche est le secret de notre vraie identité : « Voilà ce pour quoi tu es venu sur terre durant cette existence, voilà la seule chose qui pourra donner du sens à toute ta vie, voilà la seule activité humaine où ce sera SA volonté et non la tienne qui présidera. » C’est comme si Dieu soufflait à nos oreilles : « Voilà, mon ami, TU ES CELUI QUI… (suivi du nom de notre Service), et c’est ton vrai nom sacré ! »

 

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Merci Bernard de remettre ainsi en perspective l’enseignement de Gitta.

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Est ce que la tâche résulte d’une envie identifiée en nous ou au contraire d’une difficulté, d’une appréhension à aller vers quelque chose ou quelques uns ?
Comment découvrir ou reconnaitre ma tâche ?

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est-ce dans le degré de vie qui nous concerne que se situe notre tâche?